Quel gaz pour souder ? Le bon gaz selon le métal
Guide pratique · 6 min de lecture
En bref : en MAG, l’acier se soude au CO2 ou au mélange argon-CO2. L’aluminium se soude à l’argon pur, en MIG comme en TIG, et le TIG se fait toujours à l’argon. Le chalumeau marche à l’oxygène et à l’acétylène ; l’oxycoupage, à l’oxygène avec de l’acétylène ou du propane.
Le gaz de protection isole le métal en fusion de l’air. Sans lui, l’oxygène et l’azote de l’air pénètrent dans le bain : la soudure devient poreuse et cassante. Le bon gaz dépend du procédé et du métal, et un mauvais choix ne se rattrape pas en tournant les boutons du poste.
Quel gaz pour quel métal
| Métal | MIG / MAG (fil) | TIG | Électrode enrobée (MMA) |
|---|---|---|---|
| Acier non allié | CO2 ou mélange argon-CO2 | Argon | Sans gaz |
| Inox | Mélange spécifique à l’inox, très pauvre en CO2 | Argon | Sans gaz (électrodes inox) |
| Aluminium | Argon pur | Argon pur | Peu adapté |
| Cuivre | Argon | Argon | Peu adapté |
L’électrode enrobée et le fil fourré sans gaz n’ont pas besoin de bouteille : l’enrobage ou le flux du fil produit sa propre protection. C’est pour cela qu’ils restent les procédés du travail en extérieur, dans le vent.
Acier en MAG : CO2 ou mélange argon-CO2 ?
Les deux s’emploient avec le même poste, le même fil plein ER70S-6 (SG2) et la même torche. La différence se voit sur le cordon et sur la facture de gaz.
- Le CO2 est le plus économique. Il pénètre bien, mais son arc est plus dur et projette davantage : comptez plus de meulage. Il est stocké liquide dans la bouteille et se vend donc au poids.
- Le mélange argon-CO2 donne un arc plus doux, peu de projections et un cordon plus propre : c’est le bon choix pour les tôles fines, la serrurerie et les pièces qui restent visibles.
Le débit : environ 10 litres par minute par millimètre de diamètre de fil, soit 10 l/min en 1,0 mm et 12 l/min en 1,2 mm. Plus de gaz ne protège pas mieux : un débit trop fort crée des turbulences qui aspirent l’air.
Avec le CO2, le détendeur peut givrer en soudage continu, car le gaz refroidit fortement en se détendant. Un détendeur à réchauffeur règle le problème.
TIG : l’argon, pour tous les métaux
En TIG, l’acier, l’inox, l’aluminium et le cuivre se soudent à l’argon. C’est un gaz inerte : il ne réagit ni avec le métal ni avec l’électrode tungstène, qu’il protège aussi. Pas de CO2 en TIG : il attaquerait l’électrode.
- Le débit : à titre de repère, 10 à 15 litres par minute.
- Acier et inox : courant continu, électrode tungstène grise (cériée).
- Aluminium : courant alternatif, électrode verte (tungstène pur).
Sur l’inox, protégez aussi l’envers de la soudure quand c’est possible, en particulier dans les tubes : sans gaz à l’envers, l’intérieur du cordon s’oxyde et noircit.
Aluminium en MIG : argon pur, sans exception
L’aluminium se soude en MIG à l’argon pur. Le moindre CO2 oxyde le bain et donne une soudure sale et poreuse : ni CO2, ni mélange de l’acier.
Le reste du matériel compte autant que le gaz : une gaine téflon à la place de la gaine acier, des galets à gorge en U et un fil ER4043 ou ER5356 selon l’alliage. Dégraissez, puis brossez à la brosse inox juste avant de souder.
Inox en MIG : un mélange pauvre en CO2
L’inox se soude en MIG avec un mélange d’argon spécifique, très pauvre en CO2. Le mélange argon-CO2 de l’acier en contient trop : il oxyde le cordon et fait perdre à l’inox une partie de sa résistance à la corrosion.
Côté fil, prenez du 316L pour les milieux corrosifs et l’agroalimentaire, et du 308L pour l’inox courant.
Chalumeau et oxycoupage : oxygène, acétylène ou propane
| Travail | Gaz |
|---|---|
| Soudage au chalumeau | Oxygène + acétylène |
| Brasage | Oxygène + acétylène, ou propane pour les brasages légers |
| Oxycoupage de l’acier | Oxygène + acétylène ou propane |
| Chauffe, préchauffage, redressage | Propane, ou acétylène |
Brûlé avec de l’oxygène, l’acétylène donne la flamme la plus chaude des gaz courants, autour de 3 100 °C : c’est lui qu’il faut pour souder au chalumeau. Le propane, moins cher, suffit pour chauffer et pour couper.
L’oxygène vendu pour ces travaux est de l’oxygène technique, à usage industriel : il ne convient ni à la respiration ni à un usage médical.
Découpe plasma : de l’air comprimé
Les postes de découpe plasma d’atelier coupent à l’air comprimé, pas avec une bouteille de gaz. L’air doit être sec et sans huile : l’humidité et l’huile usent très vite l’électrode et la buse. Le compresseur doit fournir en continu le débit et la pression demandés par la notice du poste.
Et l’azote ?
L’azote ne sert pas à souder l’acier. On l’emploie pour les essais de pression et la recherche de fuites sur les circuits frigorifiques et de climatisation, pour le brasage des tubes cuivre sous balayage d’azote, pour l’inertage et pour le gonflage.
Combien de temps dure une bouteille ?
Il suffit de diviser la quantité de gaz par le débit réglé :
- Bouteille comptée en m³ (argon, mélange, oxygène, azote) : 1 m³ fait 1 000 litres. Une bouteille de 10 m³ à 12 litres par minute dure environ 830 minutes, soit près de 14 heures d’arc.
- Bouteille de CO2 comptée en kg : un kilo de CO2 donne un peu plus de 500 litres de gaz. Une bouteille de 30 kg en fournit donc environ 16 000 litres, soit une vingtaine d’heures à 12 litres par minute.
Ce sont des heures d’arc allumé. Sur une journée d’atelier, l’arc ne brûle qu’une partie du temps, et la bouteille dure d’autant plus.
Sécurité des bouteilles
- Debout et attachées, à l’abri de la chaleur et du soleil. L’acétylène se garde toujours debout : il est dissous dans un solvant qui ne doit pas atteindre le robinet.
- Jamais de graisse ni d’huile sur un robinet, un raccord ou un détendeur d’oxygène : sous pression, elles peuvent s’enflammer.
- Un détendeur par gaz : ils ne sont pas interchangeables.
- Un local ventilé : l’argon, le CO2 et l’azote ne se voient pas et ne se sentent pas, mais ils chassent l’oxygène de l’air. L’argon et le CO2, plus lourds que l’air, s’accumulent dans les fosses et les sous-sols.
- Les fuites se cherchent à l’eau savonneuse, jamais à la flamme.
Questions fréquentes
Puis-je souder l’aluminium avec le mélange argon-CO2 ?
Non. L’aluminium se soude à l’argon pur, en MIG comme en TIG.
Puis-je passer du CO2 au mélange sans changer de matériel ?
Oui : même poste, même fil, même torche. Seuls la bouteille et éventuellement le détendeur changent. On retouche ensuite légèrement la tension.
Mes soudures sont poreuses : est-ce le gaz ?
Souvent. Vérifiez dans l’ordre : la bouteille n’est pas vide, le débit est bien réglé, la buse n’est pas encrassée de projections, le tuyau et la torche ne fuient pas, aucun courant d’air ne souffle sur la soudure, et le gaz convient bien au métal.
Je n’ai pas de bouteille. Comment faire ?
Prenez-en une en consignation : vous déposez une caution, rendue quand vous rapportez la bouteille.
Les gaz et le matériel
- Recharge d’argon 10 m³, et toutes les quantités au rayon Argon
- Recharge de mélange GMIX 10 m³ et recharge de CO2 30 kg
- Oxygène technique, acétylène et propane P34
- Détendeurs et manomètres
- Tous les gaz au rayon Gaz industriels
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